
Dernier jour, déjà. Une nouvelle fois le soleil est au rendez-vous. Ce matin, épreuve de canoë de 22 kilomètres. Le but du jeu est simple. Les concurrentes disposées en ligne sur le départ doivent s’élancer de la plage, tirer leur embarcation à la main pour les mettre à l’eau et pagayer comme des damnées jusqu’à une bouée située à onze kilomètres de là avant de revenir au point de départ. Facile à dire, n’est-ce pas mister Gil Mention ?
Casquettes vissées sur la tête, gilets de sauvetage et gants enfilés, les voici parties à l’abordage des eaux turquoises du lagon. Dès le départ, des écarts importants se creusent. Une épreuves de gros bras ? Même pas. Ici, la technique joue un rôle prépondérant. Non seulement, il faut pagayer en rythme mais en plus la concurrente placée à l’arrière doit utiliser sa pagaie comme un gouvernail. Pour le reste, il « suffit » de piocher l’océan à la pagaie à une allure de métronome. Très vite, les épaules deviennent lourdes. Mais pas question de lambiner. La marée descend et le temps perdu à l’aller se transformera en autant de dizaines de mètres à remonter pour couper la ligne à l’arrivée sur la plage. Et un canoë, après 22 kilomètres, ça pèse !
Très vite, les 41-VSD-Nike, malgré le clapot provoqué par un vent de face, prennent l’ascendant et tuent la course. Elle filent à une allure surréaliste. De quoi dégoûter leurs challengers, une bonne fois pour toutes. Derrière, dans le ventre mou de la flotille, ça « rame ». Les bras s’engourdissent, la sueur mêlée à la crème solaire perle sur les fronts avant de dégouliner dans les yeux : quasi insupportable ! Et le soleil, toujours qui darde ses rayons …Les dernières concurrentes se colorent d’une délicate teinte écrevisse. Et toujours ces canoës qui godillent au lieu d’aller tout droit. De quoi devenir dingue.
Loin devant, Emmanuelle Joly, Rachel Lecoute et Agnès Thierry passent la ligne avec quelques solides minutes d’avance. Elles laissent éclater leur joie. Grâce à cette dernière victoire, les trois surfeuses remportent le Vittel Amazones. Enfin, après deux années de suite à la seconde place. Plus tard, sur la plage, les Amazones débarquent les unes à la suite des autres, tétanisées par l’effort mais toujours ravies de l’avoir fait. Maintenant, il reste encore quelques heures pour profiter de la mer et s’échouer sous les cocotiers au bord de la piscine. Car ce soir, à l’hôtel Safari, une fois le classement dévoilé, toutes sauront, à n’en pas douter, puiser dans leur réserve pour jeter leurs dernières forces … sur la piste de danse !